Me Vincent BAUMES, avocat au Barreau de TOULOUSE · Mise à jour le
Cessation d'activité : comment fermer son entreprise
Arrêter son activité n'est pas une simple formalité, et tout dépend d'une seule question : votre entreprise peut-elle encore payer ses dettes ? Si oui, vous la fermez vous-même, par une dissolution et une liquidation amiable. Si non, vous êtes en cessation des paiements et la loi vous impose une autre voie, dans un délai de 45 jours.
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La question qui commande tout
Avant toute démarche, faites le compte de ce que votre entreprise doit et de ce dont elle dispose réellement. Deux chemins seulement s'ouvrent ensuite, et vous ne choisissez pas librement entre eux.
Si votre entreprise peut régler tout ce qu'elle doit, y compris les impôts, les cotisations et les salaires, vous la fermez vous-même : c'est la fermeture amiable, décidée par vous et sans Tribunal.
Si elle ne le peut plus, elle est en cessation des paiements : elle ne peut plus faire face à ses dettes arrivées à échéance avec l'argent immédiatement disponible. La loi vous impose alors de demander l'ouverture d'une procédure collective dans les 45 jours, le plus souvent une liquidation judiciaire. Fermer amiablement une entreprise qui ne peut pas payer ses créanciers n'est pas possible. C'est même un acte qui engage la responsabilité civile et pénale du dirigeant.
Attention à un point souvent ignoré : votre stock, votre matériel, vos véhicules et vos locaux ne font pas partie de l'argent immédiatement disponible, même s'ils ont de la valeur. Cela étant, il est possible d'envisager la vente de ces actifs si le produit qui en résulte permet de tout régler pour dissoudre in fine l'entreprise.
Enfin, si les difficultés sont récentes et que l'activité reste viable, des solutions permettent de négocier avec vos créanciers avant d'envisager une fermeture.
Fermer une société qui peut payer ses dettes
La fermeture d'une société se fait en trois temps : la dissolution, la liquidation, la radiation.
La dissolution est décidée par les associés, réunis en assemblée. Les conditions de vote dépendent de la forme de la société et de ses statuts. La décision nomme un liquidateur, qui est souvent le gérant ou le président, et fixe le lieu où la liquidation est conduite.
La société n'a pas disparu pour autant : elle conserve sa personnalité morale jusqu'à la publication de la clôture des opérations. Sa dénomination doit d'ailleurs être suivie de la mention « société en liquidation » sur tous ses documents.
La liquidation consiste ensuite à vendre ce que la société possède, à recouvrer ce qu'on lui doit et à payer l'ensemble de ses créanciers. Elle doit être achevée dans un délai de 3 ans ; à défaut, le ministère public ou tout intéressé peut saisir le Tribunal. Le liquidateur rend des comptes aux associés, qui les approuvent et lui donnent quitus, c'est-à-dire reconnaissent qu'il a bien rempli sa mission.
La radiation clôt le tout. Le solde éventuel, une fois tous les créanciers payés, est réparti entre les associés ; son imposition est à examiner avec votre expert-comptable.
Les formalités qui accompagnent ces étapes sont précises et se font désormais toutes sur le guichet unique des formalités des entreprises :
- la déclaration de la dissolution, dans le mois qui suit la décision des associés ;
- la publication d'un avis dans un support d'annonces légales ;
- la convocation des associés dans les 6 mois de la dissolution, puis chaque année, pour rendre compte de la liquidation ;
- le dépôt des comptes définitifs et de la décision de clôture ;
- la demande de radiation, dans le mois qui suit la publication de la clôture.
Un cas particulier mérite d'être connu : lorsque l'associé unique d'une EURL ou d'une SASU est lui-même une société, la dissolution entraîne la transmission de l'ensemble du patrimoine à cet associé, sans liquidation. Ce mécanisme ne s'applique pas lorsque l'associé unique est une personne physique.
Fermer une entreprise individuelle
Pour un entrepreneur individuel, il n'y a ni dissolution ni liquidation : l'entreprise n'a pas de personnalité juridique distincte de la vôtre. Une déclaration de cessation d'activité, à faire sur le guichet unique dans les 30 jours, suffit à obtenir la radiation.
Cette simplicité a une contrepartie. Vos dettes professionnelles restent dues, et la séparation entre votre patrimoine professionnel et votre patrimoine personnel cesse : à la cessation d'activité, les deux sont réunis. Autrement dit, vos créanciers professionnels retrouvent l'ensemble de vos biens comme assiette de leurs poursuites.
Cette réunion des patrimoines ne joue pas lorsqu'une procédure collective est ouverte : la séparation est alors maintenue, ce qui protège votre patrimoine personnel. C'est une raison de plus de ne pas fermer à la hâte une entreprise qui laisse des dettes impayées.
La mise en sommeil : suspendre sans fermer
Si vous hésitez, il est possible de suspendre l'activité sans fermer l'entreprise : c'est la mise en sommeil, déclarée elle aussi sur le guichet unique. Elle ne peut pas durer plus de 2 ans, faute de quoi l'entreprise risque une radiation d'office.
Pendant cette période, l'entreprise existe toujours : une société doit continuer à déposer ses comptes annuels. La cotisation foncière des entreprises reste due les douze premiers mois, puis l'entreprise en est exonérée si elle n'exerce aucune activité ; les déclarations de TVA ne sont plus exigées tant qu'il n'y a pas d'opération.
La mise en sommeil ne suspend en revanche aucune dette, et elle ne fait pas disparaître la cessation des paiements : si votre entreprise ne peut plus payer ses créanciers, le délai de 45 jours court malgré tout.
La reprise de l'activité se déclare sur le guichet unique, comme la mise en sommeil, et vous pouvez y procéder à tout moment, sans attendre la fin des 2 ans. Mettre une société en sommeil n'a donc d'intérêt que si vous comptez reprendre : dans le cas contraire, la dissolution puis la liquidation amiable mettent un terme définitif à ses obligations déclaratives.
Les déclarations fiscales et sociales à ne pas oublier
La cessation d'activité déclenche des déclarations dont les délais sont courts et indépendants des formalités de radiation :
- le résultat de la dernière période d'activité, dans les 60 jours ;
- la dernière déclaration de TVA, dans les 30 jours si vous êtes au régime normal, dans les 60 jours au régime simplifié ;
- la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, s'il y a lieu, dans les 60 jours ;
- vos revenus d'activité auprès de l'Urssaf, dans les 90 jours, pour le calcul définitif de vos cotisations ;
- la cotisation foncière des entreprises, due au prorata du temps d'activité de l'année.
Les bénéfices non encore imposés et les plus-values réalisées à l'occasion de la fermeture deviennent immédiatement imposables. Des exonérations existent, notamment pour les entreprises en activité depuis plus de 5 ans ; c'est un point à préparer avec votre expert-comptable avant de fixer la date de la cessation.
Quand la fermeture amiable n'est pas possible
Si l'actif de votre entreprise ne suffit pas à payer tous ses créanciers, la liquidation amiable est fermée : c'est une liquidation judiciaire qu'il faut demander, dans les 45 jours de la cessation des paiements.
La difficulté peut aussi apparaître en cours de route. Une société en liquidation amiable conserve sa personnalité morale : si elle se révèle incapable de payer ses dettes, la déclaration de cessation des paiements doit être faite, et le délai de 45 jours court à compter du jour où l'impossibilité est constatée.
Enfin, la radiation ne met pas à l'abri. Trois règles sont à connaître :
- une liquidation judiciaire peut être ouverte après la cessation de votre activité, dès lors qu'une partie au moins de vos dettes provient de cette activité ;
- un créancier peut assigner votre société, demander la désignation d'un mandataire ad hoc pour la représenter à la procédure, puis solliciter réparation de son préjudice pour cette fermeture réalisée en violation de la Loi ;
- un créancier peut vous assigner pendant un an à compter de la radiation de la société, de la cessation de l'activité ou de la publication de l'achèvement de la liquidation.
Dans ce cas, le dirigeant s'expose à des suites personnelles.
Le rôle de votre avocat
Pour une fermeture amiable, Me Vincent BAUMES vérifie d'abord le point essentiel : votre entreprise est-elle en mesure de payer toutes ses dettes ? Cette vérification vous évite de vous engager dans une liquidation amiable qui ne pourra pas aboutir, et qui exposerait le dirigeant.
Il rédige ensuite les actes de la dissolution et de la liquidation (décision des associés, nomination du liquidateur, comptes de clôture et quitus) et accomplit les formalités : publication de l'annonce légale, déclarations sur le guichet unique, demande de radiation.
Ces démarches ne supposent aucune audience : le cabinet les assure partout en France. Les honoraires sont établis sur devis, dans une convention d'honoraires écrite.
Si votre entreprise est en cessation des paiements, le cabinet prend en charge la déclaration de cessation des paiements et la procédure de liquidation judiciaire, pour un forfait à partir de 399 € HT, entièrement en ligne.
Vous envisagez de fermer votre entreprise ?
Faites le point avec Me Vincent BAUMES avant d'engager les démarches : la voie à suivre dépend de votre situation, et le délai de 45 jours s'impose dès que les dettes ne peuvent plus être payées.
Cette page présente des informations générales ; elle ne remplace pas une consultation.
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