Me Vincent BAUMES, avocat au Barreau de TOULOUSE · Mise à jour le
La liquidation judiciaire, étape par étape
Lorsque le redressement d'une entreprise en cessation des paiements est manifestement impossible, la liquidation judiciaire met fin à son activité : ses biens sont vendus pour payer, autant que possible, ses créanciers. Voici comment se déroule la procédure, et ce qu'elle change pour vous.
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Quand la liquidation judiciaire s'impose
La liquidation judiciaire concerne l'entreprise en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible : aucun plan ne permettrait de redresser l'activité et de régler les dettes. Elle s'applique aux mêmes entreprises que le redressement judiciaire : commerçants, artisans, agriculteurs, professions libérales et autres indépendants, sociétés et autres personnes morales de droit privé.
Comme le redressement, elle se demande par la déclaration de cessation des paiements, dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements : notre guide du dépôt de bilan l'explique en détail. Elle peut aussi être prononcée à la demande d'un créancier ou du ministère public ; si vous avez été assigné, prenez directement contact avec le cabinet.
Une seule audience
La liquidation judiciaire ne comporte pas de période d'observation : le Tribunal examine votre demande au cours d'une seule audience, en Chambre du Conseil, et, s'il la juge fondée, prononce la liquidation de votre société ou de votre entreprise individuelle. Il désigne un liquidateur judiciaire et un Juge-commissaire, le juge du Tribunal chargé de veiller au bon déroulement de la procédure.
L'activité cesse dès le jugement. Le Tribunal peut toutefois autoriser son maintien, pour 3 mois au plus, renouvelables une fois à la demande du ministère public, lorsque la cession de l'entreprise est envisageable ou que l'intérêt public ou celui des créanciers l'exige.
La liquidation judiciaire simplifiée
Lorsqu'une société ne possède pas de bien immobilier, n'a pas employé plus de 5 salariés au cours des 6 mois précédant l'ouverture et réalise un chiffre d'affaires de 750 000 € hors taxes au plus, la liquidation suit obligatoirement une procédure simplifiée, plus rapide. Pour un entrepreneur individuel, seule l'absence de bien immobilier compte, et sa résidence principale, protégée par la loi, n'y fait pas obstacle.
La liquidation simplifiée doit en principe être close dans les 6 mois, ou dans l'année si l'entreprise compte plus d'un salarié et réalise plus de 300 000 € de chiffre d'affaires hors taxes ; le Tribunal peut prolonger ce délai de 3 mois au plus. D'après les éléments de votre dossier, votre avocat examinera avec vous si elle s'applique.
Après le jugement : le rôle du liquidateur
Le Tribunal désigne un liquidateur judiciaire, qui agit désormais à votre place : il met fin aux contrats en cours, procède aux licenciements s'il y a des salariés, vend les biens de l'entreprise et répartit le produit de ces ventes entre les créanciers. Dans les 8 jours qui suivent le jugement, la liste de vos créanciers doit lui être remise. La procédure se termine par un jugement de clôture.
Cette liste n'est pas une simple formalité : une créance qui y figure est présumée déclarée pour le compte de son titulaire, tant que celui-ci ne l'a pas déclarée lui-même. Une liste complète et exacte évite donc des contestations, et c'est l'une des raisons pour lesquelles votre avocat l'établit avec vous.
Dès le jugement, vous ne pouvez plus administrer ni vendre les biens de l'entreprise : c'est ce qu'on appelle le « dessaisissement ». Les salaires et indemnités dus aux salariés sont garantis par l'AGS, le régime qui garantit le paiement des salaires lorsque l'entreprise ne peut plus les verser, dans certaines limites.
Si votre entreprise exploite un local commercial, le bail ne disparaît pas avec le jugement : le liquidateur peut décider de le poursuivre, puis de le céder avec le fonds. C'est souvent ce qui a le plus de valeur dans une liquidation. Le bailleur qui veut faire constater la résiliation du bail pour une cause antérieure doit, lui, agir dans les trois mois de la publication du jugement.
La clôture de la liquidation
Le jugement de liquidation fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure sera examinée. La liquidation est close lorsque les dettes peuvent être payées, ou, bien plus souvent, lorsque l'insuffisance de l'actif ne permet plus de poursuivre les opérations : c'est la clôture pour insuffisance d'actif. Deux ans après le jugement, tout créancier peut aussi demander au Tribunal de clôturer la procédure.
Après une clôture pour insuffisance d'actif, les créanciers ne peuvent plus, en principe, poursuivre le débiteur pour les dettes restées impayées. Des exceptions existent, notamment en cas de fraude, de faillite personnelle ou de banqueroute, pour les dettes nées d'une infraction pénale, et au profit de la caution qui a payé à la place du débiteur.
Et vous, dirigeant ou entrepreneur ?
Le dirigeant d'une société n'est pas tenu, en principe, des dettes de celle-ci. Deux points doivent toutefois être examinés avec votre avocat :
- les engagements de caution que vous avez signés : en liquidation judiciaire, les créanciers peuvent vous poursuivre sans attendre ;
- une éventuelle faute de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif : le Tribunal peut alors mettre tout ou partie des dettes à la charge du dirigeant ; une simple négligence ne suffit pas à engager sa responsabilité.
L'entrepreneur individuel bénéficie, depuis le 15 mai 2022, de la séparation de ses patrimoines : en principe, et sauf exceptions, seuls ses biens professionnels répondent de ses dettes professionnelles ; ses droits sur sa résidence principale sont en outre insaisissables par ses créanciers professionnels.
Enfin, l'entrepreneur individuel qui n'a employé aucun salarié au cours des 6 derniers mois, dont les biens valent moins de 15 000 € et qui n'a pas cessé son activité depuis plus d'un an peut parfois éviter la liquidation grâce au rétablissement professionnel : une procédure de 4 mois, sans vente de ses biens, qui permet d'effacer ses dettes antérieures, sauf exceptions.
Notre page consacrée au dirigeant d'entreprise en difficulté détaille ces différents points.
Votre rôle
En tant que chef d'entreprise, vous devez assister à l'audience et aux entretiens avec les organes de la procédure (Juge-commissaire et liquidateur judiciaire), collaborer avec eux et répondre avec diligence à leurs demandes.
Le rôle de votre avocat
Votre avocat assure notamment :
- la rédaction et le dépôt de la déclaration de cessation des paiements ;
- l'examen de la possibilité d'une liquidation judiciaire simplifiée ;
- la préparation de l'audience, avec vous et votre expert-comptable ;
- votre assistance à l'audience de liquidation judiciaire ;
- votre accompagnement au début de la procédure, pour collaborer avec le liquidateur judiciaire, notamment la transmission de la liste de vos créanciers dans le délai de 8 jours.
Le cabinet vous accompagne pour un forfait de 399 € HT lorsque le chiffre d'affaires de votre entreprise est inférieur à 500 000 €, et de 599 € HT jusqu'à 750 000 €, hors frais et débours.
Le cabinet intervient auprès des Tribunaux de commerce et judiciaires de Toulouse, Foix, Albi, Castres, Montauban, Auch, Agen, Tarbes, Pau, Carcassonne et Narbonne, ainsi que devant le Tribunal judiciaire de Saint-Gaudens.
Pour une liquidation judiciaire, le cabinet intervient également devant les Tribunaux de Cahors, Rodez, Brive-la-Gaillarde, Mont-de-Marsan, Bordeaux, Montpellier, Béziers, Perpignan, Nîmes et Bayonne, ainsi que devant les Tribunaux de commerce de Paris et de Créteil, moyennant un forfait de déplacement annoncé avant la signature.
Votre dossier en ligne, en 4 étapes
Vos informations, votre signature, votre règlement, puis votre entretien téléphonique : l'avocat contrôle votre dossier et vous appelle avant tout dépôt.
Cette page présente des informations générales ; elle ne remplace pas une consultation.
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