Me Vincent BAUMES, avocat au Barreau de TOULOUSE · Mise à jour le
Agriculteur ou exploitation agricole en difficulté : les solutions
Les difficultés d'une entreprise agricole obéissent à des règles propres : une procédure amiable spécifique, un Tribunal particulier, des délais adaptés au rythme des cultures et de l'élevage. Voici l'essentiel, que vous soyez agriculteur en nom propre ou associé d'un GAEC, d'une EARL ou d'une SCEA.
Nos guides
Agriculteur en difficulté : par où commencer
Un agriculteur en difficulté ne relève pas des mêmes règles qu'un commerçant : le Tribunal n'est pas le même, une procédure amiable lui est réservée, et les délais tiennent compte du rythme des récoltes. Que vous exploitiez en nom propre ou que votre entreprise agricole soit constituée en GAEC, en EARL ou en SCEA, une question commande la suite : votre exploitation peut-elle encore régler ses dettes exigibles avec l'argent dont elle dispose ? Si oui, vous pouvez agir avant toute procédure collective, par le règlement amiable agricole ou par une sauvegarde. Sinon, elle est en cessation des paiements, et il faut envisager un redressement ou une liquidation judiciaire.
Désendetter l'exploitation avant toute procédure
Tant qu'aucune procédure n'est ouverte, vous pouvez encore vendre, emprunter et signer librement. C'est le moment où les solutions sont les plus nombreuses, et le cabinet en met plusieurs en œuvre : réduire les charges en changeant de production, décapitaliser une partie du cheptel, du matériel ou des terres, vendre le matériel à une société nouvelle qui le reloue à l'exploitation, ou construire un bâtiment photovoltaïque dont les loyers sont mobilisés auprès d'une banque.
Une fois la procédure ouverte, aucune de ces opérations n'est plus possible : c'est le Juge-commissaire ou le liquidateur qui décide. Notre page consacrée au désendettement d'une exploitation agricole les présente une par une, avec leurs pièges.
Anticiper : le règlement amiable agricole
Avant d'en arriver à une procédure collective, l'exploitant agricole, en nom propre ou en société civile (GAEC, EARL, SCEA…), peut demander au Président du Tribunal judiciaire de désigner un conciliateur : c'est le règlement amiable agricole. Le conciliateur recherche un accord amiable entre l'exploitation et ses principaux créanciers sur des délais de paiement ou des remises de dettes. Vos créanciers peuvent, eux aussi, demander sa désignation.
Pendant la mission du conciliateur, le Président du Tribunal peut suspendre les poursuites des créanciers pour 2 mois au plus, délai qu'il peut proroger une fois pour la même durée. L'accord conclu est ensuite constaté par le Président du Tribunal, qui peut aussi l'homologuer à votre demande ; tant qu'il est exécuté, les créanciers ne peuvent plus agir en justice ni saisir vos biens pour obtenir le paiement des créances qui en font l'objet.
Toute personne appelée au règlement amiable est tenue à la confidentialité. La suspension des poursuites et l'homologation de l'accord font toutefois l'objet d'une publicité au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC).
Les sociétés commerciales (SARL, SAS…) qui exercent une activité agricole relèvent, elles, de la conciliation ouverte aux autres entreprises.
Le Tribunal judiciaire, compétent pour l'agriculture
Les procédures collectives des exploitations agricoles relèvent du Tribunal judiciaire, et non du Tribunal de commerce, y compris lorsque l'activité agricole est exercée en société.
Le cabinet intervient auprès des Tribunaux judiciaires de Toulouse, Saint-Gaudens, Foix, Albi, Castres, Montauban, Auch, Agen, Tarbes, Pau, Carcassonne et Narbonne.
Avant la cessation des paiements : la sauvegarde
Si l'exploitation n'est pas en cessation des paiements mais rencontre des difficultés qu'elle ne peut pas surmonter seule, la procédure de sauvegarde permet de geler les dettes et de bâtir un plan, sous la protection du Tribunal, en gardant la direction de l'exploitation. Notre page consacrée à la prévention des difficultés la présente en détail.
L'agriculteur en redressement ou en liquidation judiciaire
En cas de cessation des paiements, le redressement judiciaire et la liquidation judiciaire d'une exploitation agricole suivent les règles communes, avec des aménagements propres à l'agriculture :
- un créancier ne peut pas vous assigner directement en redressement ou en liquidation judiciaire : il doit d'abord demander au Président du Tribunal judiciaire la désignation d'un conciliateur, sauf si l'exploitation est une société commerciale ;
- la période d'observation peut être prolongée en fonction de l'année culturale en cours et des usages propres à vos productions ;
- le plan de redressement peut s'étaler sur 15 ans au plus, au lieu de 10.
Comme les autres contrats en cours, le bail rural ne peut pas être résilié du seul fait de l'ouverture de la procédure.
Nos pages consacrées au redressement judiciaire et à la liquidation judiciaire décrivent le déroulement de ces procédures.
Le rôle de votre avocat
Parce que la réalité d'une entreprise dépend de son territoire, Me Vincent BAUMES se déplace systématiquement à la ferme pour les entreprises agricoles. Ce déplacement est essentiel pour accompagner utilement une exploitation : sans lui, de nombreux points risquent d'être omis au moment de la créer, de la restructurer ou de la redresser.
Le premier échange, de 30 minutes par téléphone, est offert : il permet de faire le point sur la situation de votre exploitation et de choisir la solution adaptée.
Votre exploitation traverse des difficultés ?
Faites le point avec Me Vincent BAUMES sur la situation de votre exploitation et sur les solutions possibles.
Cette page présente des informations générales ; elle ne remplace pas une consultation.
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