Publié le , par Me Vincent BAUMES
Bail commercial : une résiliation encore en appel ne survit pas au redressement judiciaire
Cour d'appel de Paris, pôle 1, chambre 2, 11 juin 2026, RG n° 25/14734Lire la décision : Judilibre
La plupart des baux commerciaux contiennent une clause résolutoire : si les loyers restent impayés un mois après un commandement de payer, le bail est résilié de plein droit (article L. 145-41 du Code de commerce). Le bailleur fait alors constater la résiliation par le juge, souvent en référé. L'ouverture d'une procédure collective change toutefois la donne. L'article L. 622-21 du Code de commerce interrompt ou interdit les actions des créanciers antérieurs qui tendent à faire condamner le débiteur à payer, ou « à la résolution d'un contrat pour défaut de paiement d'une somme d'argent ».
Une société de restauration rapide avait conclu un bail commercial en mai 2024. En novembre, les héritiers du bailleur lui ont fait délivrer un commandement de payer, en se prévalant de la clause résolutoire, pour près de 40 000 euros. Le 15 juillet 2025, le juge des référés du Tribunal judiciaire d'Évry a constaté la résiliation du bail, ordonné l'expulsion et condamné la locataire à une provision de 71 757,68 euros, l'ordonnance étant exécutoire de droit. La société a interjeté appel le 22 août 2025 ; le 3 novembre suivant, le Tribunal de commerce d'Évry l'a placée en redressement judiciaire, et son mandataire judiciaire est intervenu à l'instance d'appel.
La Cour d'appel infirme l'ordonnance en toutes ses dispositions et dit n'y avoir lieu à référé. La résiliation n'échappe à la procédure collective que si elle a été « constatée par une décision de justice passée en force de chose jugée avant la date d'ouverture ». Or l'ordonnance faisait l'objet d'un appel : la demande de résiliation ne pouvait plus être poursuivie. Il en va de même de la provision. Un référé n'est pas une instance en cours, que le jugement d'ouverture se contenterait d'interrompre : la demande en paiement est devenue irrecevable. Le bailleur conserve sa créance d'arriérés, mais il doit la déclarer au passif, comme tout créancier antérieur.
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Cabinet BAUMES · Me Vincent BAUMES, Avocat au Barreau de TOULOUSE · https://baumes-avocat.com/actualites/bail-commercial-clause-resolutoire-refere-appel-redressement